
Les organisations publiques et privées ont considérablement renforcé leurs dispositifs de cybersécurité. Les architectures techniques se sophistiquent, les obligations réglementaires se structurent, les investissements augmentent.
Pourtant, une zone de vulnérabilité persiste, exploitée par les opérations d’influence, la désinformation, l’ingénierie sociale ou les campagnes de manipulation : nos biais cognitifs, nos émotions, notre fatigue attentionnelle.
Pour éclairer la réflexion sur cette dimension cognitive pilier de la sécurité et de la confiance numériques, et à l’occasion de la parution de son « Petit Traité de souveraineté cognitive », nous sommes heureux de publier dans notre rubrique Parole d’Expert, une tribune de Guillaume CHILLET, psychologue et responsable du domaine sciences humaines et sociales à l’Agence de l’Innovation de Défense :
Souveraineté cognitive : le maillon humain de la confiance numérique
L’analyse de Guillaume CHILLET propose une lecture opérationnelle du « territoire mental » et une véritable taxonomie des menaces informationnelles. Elle dépasse la logique de simple sensibilisation pour plaider en faveur d’un changement de paradigme : passer à l’entraînement.
Pour les organisations publiques et privées, l’enjeu est stratégique.
Un objectif : développer une culture partagée de l’hygiène cognitive qui renforcera la lucidité, la capacité d’anticipation et la résilience individuelle et collective.
Dans un contexte de rivalités informationnelles accrues, la souveraineté numérique ne se limite pas aux seules infrastructures ou aux données. Elle concerne aussi la capacité des citoyens, des dirigeants et des collaborateurs à exercer leur esprit critique et à avoir un jugement autonome.
La sécurité numérique du XXIᵉ siècle devra intégrer pleinement cette dimension.

