Une Matinale pour réfléchir au déploiement du quantique dans le domaine de la cybersécurité, de la défense, et des usages civils à l’occasion du GT dédié de la Commission Supérieure du Numérique et des Postes
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Paris : 09/07/2026

Dans le cadre de France 2030, la France s’est dotée d’une stratégie nationale pour les technologies quantiques et a engagé un effort massif d’investissement (environ 1 milliard d’euros entre 2021 et 2025), structuré autour de plusieurs priorités : calculs, capteurs, communications et cryptographie quantiques. Cette stratégie vise à garantir une autonomie et une puissance nationale et européenne, structurer une filière industrielle complète et favoriser l’accès au marché des solutions quantiques développées.
Alors qu’une deuxième révolution quantique est en cours et que ces technologies s’imposent comme un enjeu stratégique aux dimensions croisées (sécurité nationale, souveraineté et enjeux éthiques), la Commission Supérieure du Numérique et des Postes juge nécessaire de s’assurer que cette stratégie correspond bien aux attentes des chercheurs, des entreprises et des autorités pour le cas échéant proposer une adaptation du plan. Plusieurs points de vigilance méritent à cet égard d’être étudiés.
Dans son rapport publié en avril 2026, le Comité de Surveillance des Investissements d’Avenir relève que France 2030 a renforcé les échanges entre les ministères, au prix parfois d’une gouvernance complexe, et d’une dilution des chaines de décision. Il conviendra d’évaluer les points d’amélioration avec le Secrétariat général pour l’investissement (SGPI) qui joue un rôle clé dans la mise en œuvre des initiatives dans le domaine du quantique.
Plusieurs sujets méritent également d’être étudiés en détail pour tirer des recommandations opérationnelles en matière de politique publique.
D’une part, en matière de chiffrement et de cybersécurité, le développement des ordinateurs quantiques menace les systèmes de chiffrement actuels (RSA, ECC) et impose une transition vers la cryptographie post-quantique d’ici 2035, avec des implications directes pour les infrastructures critiques et les cryptomonnaies. L’IA a déjà renforcé les capacités offensives malveillantes tandis que le quantique constitue une amplification de cette menace d’une toute autre ampleur. Il est donc devenu crucial de construire des architectures de sécurité prêtes pour l’ère quantique.
D’autre part, les usages civils de ces technologies demeurent peu développés : si les applications militaires (navigation, détection, communications sécurisées) progressent fortement (la LPM 2024-2030 y consacre environ 320 M€), la question de l’adaptation de nos infrastructures et de l’état d’avancement des acteurs économiques essentiels (finance, logistique, santé…) reste entière.
S’y ajoutent des enjeux éthiques et philosophiques que la rapidité des ruptures technologiques rend urgents à poser : comment encadrer l’accès des civils à des technologies dont le potentiel offensif apparaît considérable ?
Enfin, la France dispose d’une filière de startups et de talents reconnus dans le domaine, du quantique et d’un positionnement significatif (environ 20 % des parts de marché mondial). Autant d’éléments qui confèrent à la France un avantage compétitif qu’il conviendrait de consolider.
Pour examiner ces éléments et formuler des recommandations, un groupe de travail sur le déploiement du quantique dans le domaine de la cybersécurité, de la défense, et des usages civils a ainsi été confié à Isabelle RAUCH, Députée de la Moselle, Vice-présidente de la CSNP, que nous aurons l’honneur d’accueillir dans le cadre de nos Matinales le 9 juillet 2026.
Une occasion privilégiée, sous les règles de Chatham House et dans un format restreint, d’échanger avec la députée sur sa vision et ses objectifs, de répondre à ses questions et de contribuer à sa réflexion sur un sujet de rupture majeur, fondamental pour la souveraineté de notre pays.
Une Matinale animée par Bénédicte PILLIET, Présidente du CyberCercle.
Pour en savoir plus sur les Matinales du CyberCercle
Depuis mai 2012, une matinale petit déjeuner débat sur un sujet majeur de la sécurité numérique est organisée chaque mois à Paris par le CyberCercle sous présidence parlementaire et autour d’une personnalité institutionnelle.
Ces rencontres mensuelles ont pour objectif de faire mieux appréhender les actions menées par les différents institutions publiques, d’apporter des éclairages sur l’évolution de la société numérique et l’innovation dans leur dimension sécurité et confiance, et de favoriser le dialogue Public-Privé. Elles permettent également de décrypter le cadre juridique, législatif et réglementaire qui s’impose de plus en plus sur ces questions, impactant d’autant le développement de l’économie par le numérique. Les orateurs des petits-déjeuners CyberCercle sont ainsi des représentants des institutions publiques françaises, européennes ou internationales, des élus… autant de personnalités qualifiées reconnues qui viennent apporter un éclairage sur les enjeux ou le cadre institutionnel de cette nouvelle société numérique où la sécurité numérique est devenue fondamentale.
Elles fonctionnent selon un esprit de club, dans un format restreint et sont placées sous les règles de Chatham House afin de favoriser la prise de parole.
Associant expertise et convivialité, les matinales du CyberCercle permettent des échanges de confiance et de développer un relationnel privilégié.

La 150ème Matinale du CyberCercle à Paris s’est déroulée en juin 2026.
Dans la lignée de notre déploiement en région, des matinales se déroulent chaque trimestre en Auvergne-Rhône-Alpes depuis septembre 2019, en Pays de la Loire depuis septembre 2024 et en Normandie depuis février 2025 à travers des CyberCercle régionaux dédiés, à retrouver sur le site du TDFCyber.




